« Renaître » aurait pu s’intituler « Les mots… fragments de Nous ». Cette œuvre rassemble à elle seule toutes les subtilités de mon processus créatif où le mot devient art plastique en conjuguant à lui seul la forme et la couleur.
Prix TAYLOR – 2025
À travers mon travail j’offre une nouvelle facette de l’articulation Littérature/Arts plastiques en opérant une fusion entre mots et images, ce qui n’a pas échappé à la Fondation Taylor qui a attribué à « Renaître » le Prix Taylor lors du Salon du Dessin & de la Peinture à l’Eau (Grand Palais Paris – février 2025)
Mon élan premier en tant qu’artiste est un travail de collage, patchwork de bouts de papiers journaux déchirés et marouflés. Ces « fragments de réalité » à l’encre plus ou moins patinée par le temps sont soigneusement choisis en fonction de leur régularité typographique et de leur design journalistique, avant d’être imbriqués les uns dans les autres en support de création. Les mots apparaissent ici dans leur symbolique dans (et non pas sur) ce fond de papiers imprimés. Viennent alors les écritures…
Mon travail d’artiste est d’écrire: j’assemble ou explose des mots choisis, des citations, des extraits de livres, d’essais, de pensées en rapport avec le thème du tableau. L’écriture manuscrite en majuscule apporte un graphisme régulier qui m’est cher.
Que les mots soient utilisés pour dessiner ou en trame de fond, je jongle avec les caractères typographiques en les mêlant les uns aux autres comme on mélangerait des couleurs, jouant sur l’intensité de mes écrits, passant ainsi des teintes les plus claires aux teintes les plus foncées.
L’écriture et le dessin ont ici des destins mêlés. Les mots se retrouvent en liberté, libérés de leur sens pour n’exister qu’à travers leur apparence. Je crée un lien entre l’imagination, l’art et l’écrit en ne gardant que l’esthétique, seul le mot dans sa symbolique subsiste à travers le dessin. On est tous fait de mots, à chacun d’y coller son état d’être du moment… à chacun de « renaître » de ces bouts d’écrits.
« Personne ne sait encore si tout ne vit que pour mourir ou ne meurt que pour renaître » Marguerite Yourcenar